Un peu d’histoire…

Une occupation humaine millénaire

IllustrationL’orientation Nord-sud de la vallée des Belleville permet de relier la Maurienne à la cuvette de Moûtiers, qui se trouve au carrefour de vallées, par le col du Mont-Cenis, col transalpin de première importance. Cela a favorisé un peuplement relativement précoce après le retrait des glaciers.

La découverte de sites archéologiques, à Fontaine-le-Puits, témoigne en effet de la présence humaine dès l’âge du cuivre – au début du 2e millénaire avant l’ère chrétienne.

A partir du 1er millénaire avant J.C., le peuplement de la vallée des Belleville devient plus dense. La découverte d’un cimetière de l’âge du fer, à proximité du chef-lieu de Saint-Jean-de-Belleville, en est la meilleure preuve. D’autres vestiges sont mis à jour aux Esserts, à Villartier.

La vallée des Belleville, comme la Tarentaise, est occupée, pendant les derniers siècles avant notre ère, par les Ceutrons, peuplade celtique. Les populations subissent ensuite le choc de la conquête romaine. Le latin imprègne alors la langue locale.

Pour connaître le passé de la vallée dans les premiers siècles de notre ère, le toponyme (la toponymie étant l’étude des noms de lieux) le plus intéressant est Belleville. La première fois que ce nom apparaît dans un document se situe en 1258. Il provient de “villa”, dans le sens d’exploitation rurale, et “bella”, indiquant l’importance. D’après cela, on peut penser que toute la vallée formait un seul domaine appartenant à un grand propriétaire, ou au plus deux exploitations, qui ont servi de bases aux deux communes de Saint-Jean et de Saint-Martin. Le toponyme de Villard (villarium en latin), qui est une “villa” de moindre importance, atteste ensuite du démembrement de la grande “villa”, lors de l’occupation burgonde au cours des Ve et VIe siècles. Ce morcellement explique les nombreux “Villard” de la vallée des Belleville et la naissance des hameaux. Villard était parfois suivi du nom du premier propriétaire de cette petite villa : Villarenger, Villarabout, Villarencel, Villarbon. La presque totalité des noms qui suivent Villard sont de consonance germanique, ce qui confirme que le partage de la Bella Villa s’est fait au moment de l’invasion burgonde.

 

Une grande tradition pastorale

Au fil des siècles suivants, l’auIllustrationgmentation de la population a provoqué des installations définitives plus en altitude, faisant des défrichements, comme le rappellent les toponymes Esserts. Le premier texte faisant mention de la vallée des Belleville, qui date de 1170, cite les deux paroisses Saint-Jean et Saint-Martin “de desertis”. Ce terme indiquerait que, au cours des XIe et XIIe siècles, un important défrichement s’est produit, une sorte d’expansion économique : la mise en valeur de nouvelles terres pour la culture et l’élevage.

Pendant la période médiévale, le territoire de la vallée est partagé entre le Comte de Savoie et l’Archevêque de Tarentaise. L’aval de la vallée des Belleville, c’est-à-dire les quartiers de Villarly, Villaret, Fontaine-le-Puits et Saint-Laurent-de-la-Côte faisait partie de l’enclave du Comte de Savoie à Salins. Les territoires de Saint-Jean (chef-lieu) et le bassin du Nant-Brun appartiennent à l’archevêque et connaissent le régime du “fruit commun”. En 1200, le Comte de Savoie a le domaine direct sur les alpages du Lou et des Encombres, qu’il donne à des paroisses de Maurienne. Le reste de la paroisse de Saint-Martin est partagé entre le Comte de Savoie et l’archevêque et connaît le régime de la “montagnette”, exploitation privée. A partir de 1772, la communauté de Saint-Martin commence à s’affranchir des droits féodaux détenus par les Seigneurs et l’Archevêché. Elle est autonome dès 1792.

Pendant plusieurs millénaires, la vie s’est écoulée au rythme de la civilisation pastorale. Il fallait, pour entretenir les troupeaux, défricher, débroussailler, épierrer, déboiser, irriguer, faucher les alpages et engranger suffisamment de foin pour traverser le long hiver neigeux. Toute la population vivait alors regroupée dans une vingtaine de hameaux, bien serrés autour de leur chapelle. Eloignée de tout, la vallée vivait ainsi, avec son dur travail, ses coutumes, sa spiritualité.

Pourtant vint le jour où la civilisation industrielle envahit les plaines et les vallées profondes, apportant avec elle davantage de richesses, de techniques et également de loisirs. Le déclin démographique s’amorce alors : dans les années 50, Saint-Martin avait perdu les deux tiers environ de sa population, qui était passée de 3000 à 800 habitants. De l’émigration saisonnière en hiver, les Bellevillois passent à l’exode définitif vers les grandes villes ou, après la Seconde Guerre Mondiale, vers Moûtiers et la Savoie, profitant de l’activité générée par les ouvrages hydroélectriques et l’industrie de l’acier.

 

L’aménagement touristique

IllustrationAu début des années 60, Nicolas JAY, Maire de Saint-Martin, propose de lancer une étude pour l’aménagement touristique de la haute vallée. Il fut soutenu dans cette action difficile par Joseph FONTANET, qui allait lui succéder à la tête de la Mairie et devenir président du Conseil général, puis ministre. La station des Menuires voit le jour en 1967, l’aménagement de Val Thorens suit en 1972-73.

En quelques années, la vallée est passée d’une civilisation agro-pastorale séculaire à la civilisation des loisirs ; d’un paysage d’alpages réservés aux troupeaux à l’un des plus grands domaines skiables ; d’une communauté solidaire mais menacée par l’exode à une population en croissance, structurée par la nécessité d’un développement durable.

Au début des années 80, le Maire, Georges CUMIN, propose de diversifier le développement de la vallée, concentré dans les deux stations d’altitude, par un projet d’aménagement touristique greffé sur le village de Saint-Martin. En donnant forme à ce projet, baptisé “les Grangeraies”, Georges CUMIN et son équipe étaient bien décidés à conserver toute l’authenticité et le charme du village. Le nouvel ensemble immobilier s’ajoute au village sans en prendre possession, alliant la fonctionnalité d’une station intégrée au style architectural traditionnel, qui fait appel à la pierre, au bois et à l’ardoise.

En parallèle, sont menés les travaux d’équipement du domaine skiable en amont du village. Saint-Martin est relié au domaine des 3 Vallées dès 1982.