Patrimoine

Patrimoine religieux

IllustrationLa Savoie n’a été rattachée à la France qu’en 1860, dépendant avant du royaume de Piémont Sardaigne

Aussi, son histoire et ses liens privilégiés avec l’Italie expliquent la singularité de son art religieux, très marqué dans le style baroque des retables de ses églises. Au sein de la Tarentaise, qui abrite nombre de très belles églises dont plusieurs classées monument historique, la vallée des Belleville tient un rang important par le nombre et la richesse de ses églises et chapelles.

Depuis plus de dix ans, la commune Les Belleville a entrepris un très important programme de restauration et de mise en valeur de ce patrimoine religieux, qui compte trois églises et vingt quatre chapelles. En 1992, une chapelle, réalisée avec un parvis et un auvent porté par des colonnes en pierre, a été construite à Val Thorens. Pour marquer le passage à l’an 2000, la station des Menuires s’est également dotée d’un superbe clocher à bulbe d’inspiration contemporaine.

Si ce patrimoine religieux unique témoigne d’une forte empreinte chrétienne à travers le temps, il est un autre patrimoine également important, que l’on peut qualifier de rural. Il s’agit des fours, bachals, moulins -dont un, le moulin du Burdin, a été restauré récemment-, mais également des « montagnettes », petites maisons construites dans les alpages. La commune est également très attachée à préserver et restaurer ce patrimoine qui nous rappelle les sociétés rurales qui nous ont précédés, ainsi que leurs techniques et savoir-faire très anciens.

 

L’Eglise paroissiale de Saint-Martin-de-Belleville

IllustrationCette église date d’avant 1606. Elle a été recronstruite et agrandie au 17e siècle. La sobriété extérieure du bâtiment contraste avec les ors et la polychromie des retables. Le retable du maître-autel, sculpté par un artiste de la Val Sesia, affiche en son centre un tableau représentant Saint Martin en train de partager son manteau. Ce retable a été entièrement restauré en 1991.

La porte de cette chapelle reste ouverte toute l’année. La visite de cet édifice, proposée par un guide-conférencier de la FACIM (Fondation pour l’Action Culturelle Internationale en Montagne), est également possible chaque semaine, pendant les saisons d’hiver et d’été.

 

Le Sanctuaire de Notre Dame de la Vie

IllustrationCe sanctuaire marial, isolé sur un petit replat à l’entrée de la haute vallée, est, depuis des siècles, un lieu de pèlerinage célèbre. Le 15 août, on y venait à pied de très loin depuis la Maurienne, par le Col des Encombres. Aujourd’hui, la tradition se perpétue avec la grand messe suivie d’une foule nombreuse.

La chapelle est construite en forme de croix grecque (un dôme central et trois chapelle polygonales rayonnantes), le sanctuaire est doté de trois retables, dont l’un, sculpté en 1636, est considéré comme le plus ancien retable baroque de la Tarentaise. Construite sur un précédent lieu de culte dans les années 1650, elle possède un décor intérieur remarquable. Le retable du maître autel, entièrement revêtu d’or, offre une profusion de motifs sculptés, notamment un foisonnement de têtes d’anges. Les ex-voto sont de grande qualité : plus de cinquante ont été classés monuments historiques. Ils ont été entièrement restaurés et sécurisés afin d’éviter les vols et seront réinstallés dans les mois qui viennent, avec le concours du conservateur des bâtiments de France.

Depuis quelques années, Notre Dame de la Vie est illuminée dès la chute du jour, offrant ainsi un très beau spectacle, surtout en hiver sous un décor de neige.

La porte de cette chapelle reste ouverte toute l’année. La visite de cet édifice, proposée par un guide-conférencier de la FACIM (Fondation pour l’Action Culturelle Internationale en Montagne), est également possible chaque semaine, pendant les saisons d’hiver et d’été.

 

Les chapelles

IllustrationOn en compte une par village. Certaines de ces chapelles sont toutes petites, d’autres plus grandes, mais lorsqu’on pousse la porte, on est étonné de découvrir, dans chacune d’elles, un petit retable baroque du XVIIe siècle, plus ou moins ouvragé, avec souvent des colonnes torsadées et des encadrements sculptés. Toutes les toiles des tableaux de ces retables ont été restaurées : après les avoir démontées et transportées dans un atelier spécialisé pour être nettoyées et restaurées, elles ont été replacées dans leur cadre.

A la suite de quelques vols, certaines chapelles sont désormais fermées.

Le patrimoine rural

IllustrationLa commune Les Belleville compte 24 villages. La visite de ceux-ci permet de découvrir une architecture locale typique : maisons de pierre recouvertes d’un enduit rosé à base de chaux, fontaines en pierre (ou bachals), fours banaux…

Les fours banaux :
Pendant des siècles, les fours étaient banaux, c’est-à-dire qu’ils appartenaient au Seigneur et, pour faire leur pains, les paysans étaient contraints de les utiliser moyennant une redevance généralement en nature (farine ou pain). La plupart des villages de la vallée des Belleville possèdent leur four banal dans lequel la communauté venait faire cuire son pain, élément de base de l’alimentation humaine.

Infrastructure au service de chaque famille, les fours étaient encore utilisés bien après la deuxième Guerre mondiale, jusque dans les années 1960. La première fournée de l’année avait habituellement lieu au début du mois de mars. Le four était ensuite allumé tous les mois, jusqu’en été où le pain était cuit toutes les trois semaines. La dernière fournée avait lieu au début du mois de décembre. Cette fournée assurait alors les besoins d’une famille pour plusieurs mois. Le pain était alors rangé avec précaution au domicile de chaque famille. Frais et croustillant le premier jour, on en dégustait les derniers morceaux près de trois mois plus tard.

Aujourd’hui, une à deux fois par an, à l’occasion des fêtes de village, le feu chauffe à nouveau la voûte constituée de molasses (grès tendre, remplacé progressivement par des pierres réfractaires). Les mêmes gestes sont alors perpétués, pour le plus grand plaisir des habitants, des hôtes de la vallée mais également des anciens qui revivent ainsi de beaux moments.

Les montagnettes :
Dans les immenses prairies d’altitude, on a recensé près de 250 « montagnettes ». Ces petites maisons de pierre et couvertes d’un toit de lauzes, servaient autrefois d’abris aux familles montant en alpage avec leurs troupeaux.

La plupart de ces montagnettes était à l’abandon ou en ruine. Certains propriétaires se sont mobilisés pour sauver ce patrimoine, témoignage du passé et élément structurant du paysage. Ainsi, en une vingtaine d’années, plus d’une centaine de montagnettes a été restaurée.